- Analyse d'actu
- 16 avril 2026
Cadmium : l’Anses alerte sur une imprégnation “préoccupante” des français et appelle à agir à la source
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) tire à nouveau la sonnette d’alarme. Dans un nouveau rapport publié en février 2026, elle estime qu’une part importante de la population française présente une imprégnation au cadmium préoccupante, « à tout âge, et dès le plus jeune âge ». En cause, principalement, l’alimentation, qui représente jusqu’à 98 % de l’exposition chez les non-fumeurs.
Les données compilées par l’Agence montrent qu’en 2025, 47,6 % des adultes de 18 à 60 ans dépassaient les valeurs sanitaires de référence. L’exposition alimentaire reste également élevée chez les plus jeunes : la dose journalière tolérable serait dépassée chez 36 % des enfants de moins de 3 ans et chez 23 à 27 % des 3-17 ans. Les principaux aliments contributeurs sont les produits céréaliers courants — pains, céréales du petit-déjeuner, biscuits, pâtes, riz, blé — ainsi que certains légumes, pommes de terre, mollusques, crustacés, algues et abats.
Face à ce constat, l’Anses appelle à agir en priorité à la source, c’est-à-dire au niveau des sols agricoles et des fertilisants. Elle recommande d’abaisser dès que possible la teneur maximale en cadmium des engrais minéraux phosphatés à 20 mg/kg de P₂O₅, contre 90 mg/kg actuellement autorisés en France pour certains produits et 60 mg/kg au niveau européen. L’Agence plaide aussi pour un meilleur encadrement des effluents d’élevage et des boues de stations d’épuration, ainsi que pour le développement de pratiques agricoles limitant les transferts de cadmium vers les cultures, l’entretien de la matière organique des sols en faisant partie.
Sur le volet alimentaire, l’Anses préconise également de réduire les teneurs maximales dans les denrées les plus contributrices, tout en encourageant une plus grande diversification des régimes alimentaires. À titre individuel, elle invite notamment à limiter certains produits transformés à base de blé, et à introduire davantage de légumineuses en substitution.
Ces recommandations pourraient trouver une traduction réglementaire immédiate dans le projet “socle commun”, et renforcent donc l’attente autour de ces textes visant bel et bien à uniformiser et à renforcer l’encadrement de l’innocuité des matières fertilisantes et des supports de culture.
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